mercredi 19 septembre 2012

Docteur Who, le Neuvième Docteur : Fantastic !


Les éditions Milady ayant tout récemment annoncé leur intention de publier la version française des livres de Docteur Who, l’occasion m’est donnée de revenir sur l’histoire d’une série dont j’ai découvert, enfant, les premiers épisodes, lu, adolescent, les premiers livres, et commencé ce mois-ci les saisons les plus récentes.

Mais comment parler d’histoire lorsqu’il est question d’un personnage qui a la particularité de voyager dans l’espace et le temps, sinon en évoquant - selon l’expression de celui-ci – une série de « points fixes » ? Or quoi de plus constant justement que le Docteur lui-même, qui ravit chaque nouvelle génération à la torpeur et à la pesanteur du réel, mais aussi de plus changeant à chaque nouvelle incarnation ! Ainsi ai-je choisi de vous présenter ces Docteurs, plutôt que les saisons, avant la sortie en janvier des livres les concernant, en commençant par le premier des trois plus récents : Le Neuvième Docteur, dit aussi Nine.

Terre, Londres, de nos jours, 7h30 heure locale. Une journée banale commence pour Rose, partagée entre sa mère chez qui elle vit, son petit ami avec qui elle déjeune, et le magasin dans lequel où elle travaille. Mais au sous-sol de celui-ci, tandis que les mannequins s’animent et la menacent, elle est secourue par un inconnu. « Run ! » lui crie son sauveur avant de se présenter comme « Le Docteur », et de lui conseiller de garder pour elle cette mésaventure. Cependant, leurs chemins se croisant de nouveau et les mises en garde de l’inconnu à l’égard de lui-même ne faisant qu’accroître la curiosité de Rose, celle-ci décide de mener sa propre enquête qui la conduira à suivre le Docteur dans ses aventures.

A bord du Tardis, vaisseau spatiotemporel « camouflé » en « police box », le Docteur, Seigneur du Temps, avec pour seules armes son intelligence, son enthousiasme, son sourire, ses expressions (« Fantastic ! ») et son tournevis sonique, l’entraînera dans des aventures qui les mèneront du passé au futur, de planètes en galaxie, de Londres à Cardiff avec de nombreux clins d’œil à l’histoire et à la culture britannique. Ils découvriront les habitants qui peuplent ces mondes, leurs évolutions, dévolutions et dévotions, leurs bonnes ou mauvaises intentions, et changeront la vision de ceux qu’ils rencontreront, souvent seuls rescapés de leur espèce, isolés ou esseulés, et à qui sera offert une seconde chance.

Mais ce voyage, on le devine, ne les laissera pas indemnes. Ainsi Rose apprendra-t-elle à relativiser et à s’ouvrir aux règles qui régissent le voyage (« Vos désirs sont des ordres, mais ne désirez pas n’importe quoi ») tandis que le Docteur se verra contraint d’affronter les aléas du quotidien, l’hostilité de la mère, la jalousie du petit ami, jusqu’au confessionnal de Big Brother. Par delà le temps et l'espace, rejoints par l’inénarrable Jack Harkness, puis par Mickey, le petit ami de Rose, ils formeront une véritable équipe, pour le meilleur et pour le pire.
Ce Neuvième Docteur, premier de la "seconde série", repose, près de quinze ans après, les bases de celle-ci, ainsi qu’un bon nombre d’éléments de réponses et non moins de questions à commencer par l’interrogation qui la fonde et concerne l’identité du héros (« Doctor who ? »). Mais elle introduit aussi de nouveaux éléments, comme l’idée que le Docteur serait le seul survivant de son espèce, ou bien le mystère entourant ces deux mots (« Bad Wolf ») qui semblent les poursuivre. Et si Russel T. Davies, show runner de la série, signe ici la plupart de scénarios toujours plus complexes, l’un des plus remarquables est déjà l’œuvre de Steven Moffat. Quant aux décors, encore un peu cheap, c’est peu dire qu’ils s’amélioreront avec le temps.

Durant les dix épisodes d’une unique saison, Christopher Eccleston, assisté de la lumineuse Billie Piper qui demeura quant à elle encore quelque temps, campe ici un docteur attachant, à l’air naïf et au sourire prompt mais aussi au tempérament belliqueux et va-t-en guerre, qui retombe facilement dans ses retranchements lorsqu’il a affaire à la cruauté, ou à la bêtise, qu’elle provienne de ses ennemis, Slitheens et Daleks, ou encore des humains, milliardaires, dignitaires, militaires, souvent exposés à la tentation du pouvoir ou à l’asservissement mais aussi aux émotions. Nous le verrons plus avant avec le Docteur suivant, non pas dans quinze nouvelles autres années, mais dès le mois prochain. Fantastique non ?

Crédit photos et vidéo : BBC - Doctor Who - The Official Site

mardi 11 septembre 2012

La Vie, Régis de Sa Moreira

Pour la troisième année consécutive Libfly et le Furet du Nord s’unissent pour vous faire découvrir en avant-première les livres de la rentrée littéraire 2012 avec l’opération On vous lit tout.     

A ce titre, et pour la seconde année consécutive, je tiens à les remercier de m’avoir permis d’y participer, ainsi que l'auteur, Régis de Sa Moreira, et son éditeur, Au Diable Vauvert, avec cette fois un seul et unique livre, même si nous aurons l'occasion d'en explorer quelques autres dans les semaines à venir.


Un individu sourit pour lui-même en croisant un homme qui porte une télé. Rien d’amusant à priori, et pas de quoi faire toute une histoire. Sauf que cette seule pensée va en produire une autre, celle du porteur, qui va à son tour appeler une réponse. Partant de là et sur ce même principe, ce sont près de cinq cents paragraphes et narrateurs qui vont tour à tour s’exprimer et constituer le fond et la forme de ce petit livre de Régis de Sa Moreira intitulé tout simplement La Vie. 


Personnages pensant comme ils parlent et disant ce qu’ils pensent, tous s’attachent à reprendre, à rendre compte, à justifier, à resituer dans leur contexte leurs faits et gestes ou leurs motivations. Non plus empathes que télépathes ils ignorent cependant et paradoxalement tout les uns des autres, soucieux uniquement de leur propre vie et de confirmer ou d’infirmer les allégations d’autrui à ce sujet. L’impression qui ressort est d’ailleurs celle d’un grand isolement plus que de rencontres, d’une grande solitude des uns comme des autres, qui se demandent « qu’est ce que ça veut dire connaître les gens ?» se disent que « la vie c’est tout ce qu’on connaît finalement », considèrent que « La télé c’était personne, Internet c’est tout le monde ».                   

Mais que sait-on d’eux, de leur vie, et que peuvent-ils nous apprendre de la nôtre ? Sans nom, sans identité, sans visage, ils semblent représenter davantage des catégories, des situations, des idées, des réactions, des analogies parmi lesquelles « Je n’ai pas de boulot » suffit à faire écho au même titre qu’un reflet dans une glace ou qu’un chien dans un caniveau. Ironique, tendre, dur ou drôle, c’est toute la vie qui se déroule au sein de cet ouvrage, à la fois jeu et réflexion sur le langage dans lequel l’auteur décrit sans concession les histoires de famille, de couples, d’individus de toutes sortes, avec une certaine prédilection néanmoins pour les malentendus, les tromperies, la rancœur et le mépris qui semblent caractériser celles-ci, même si quelques unes sortent du lot, comme celle de ce fou, de ces médecins, artistes, enfants ou animaux.                

Le procédé comme le langage, à forte composante orale, rappelle évidemment Queneau avec ses Exercices de Style, et plus globalement l’Oulipo. De ce point de vue la contrainte est simple et suffit à elle seule à légitimer l’apparente absence de construction voire d’histoire, pour esquisser, peut-être, ce qui pourrait être La Vie. D’autres s’y sont frotté en explorant cette même technique du courant de pensée, de Perec à Bouillier en passant par Sarraute. Mais là où l’approche phénoménologique et sociologique se rejoignent dans l’analyse, l’auteur a choisi de laisser celle-ci à l’imagination du lecteur, n’employant la sienne que pour élaborer ce canevas.      

Facile et factuel, le résultat se révèle néanmoins assez original, tout en s’inscrivant dans la lignée des ouvrages précédents de Régis de Sa Moreira, avec leur style, leurs thèmes, et un certain détachement. Et si l’on peut parfois se demander où tout ceci peut bien mener, il suffit de se rappeler que c’est à la fois cette multitude de sens et leur absence qui constituent et caractérisent notre quotidien, au même titre que ce petit livre, pour convenir qu’en la matière une seule chose est sûre et conclure : C’est La Vie 
!

Retrouvez cette critique sur Libfly ainsi que les autres romans français de la rentrée littéraire.
Mise à jour : Depuis la réception de l'ouvrage et l'envoi de cette critique pour publication le mois dernier, Libfly m'a fait la surprise et le plaisir de m'envoyer deux autres ouvrages : Appâts vivants de Fabio Genovesi et Chamame de Leonardo Oyola dont vous retrouverez les critiques très prochainement. D'ici là La Vie de Régis de Sa Moreira est sorti le 22 sous une très belle couverture qui vaut à elle seule le détour.

samedi 1 septembre 2012

Blog Day 2 : des libraires dans la blogosphère

Pour la seconde année consécutive j’ai le plaisir de commémorer avec vous ce Blog Day, sixième du nom.

Depuis sa création, en 2007, chaque 31 août est ainsi devenu l’occasion pour les membres de la blogosphère de fêter et de promouvoir l’existence des blogs en postant, comme indiqué sur le site dédié, un article « recommandant 5 nouveaux blogs, de préférence des blogs différents de leur culture, point de vue et attitude. »
       
                
Tandis que j’avais l’an dernier choisi de vous présenter cinq blogs parmi mes favoris mais aussi tous les autres blogs que possédaient à l’époque mes contacts, j’ai résolu cette année de me plier strictement à la règle en vous présentant 5 blogs que j’ai eu le  plaisir de découvrir tout récemment.

Ils ont, et cela ne gâche rien, bien au contraire, comme dénominateur commun d’être conçus par des amis et camarades libraires et comme particularité d’être plus éclectiques les uns que les autres en la matière, et parfois loin de ce que l’on pourrait attendre de gens du métier. Alors Happy Blog Day à tous !      


http://popcornetmarquepage.blogspot.fr/ L'on commence avec un blog sympathique et bien écrit consacré à la littérature et au cinéma, au ton léger et à l’humour badin, mais à la personnalité bien trempée et aux avis tranchés. Agréable et efficace en tous points !

http://aucarrefouretrange.blogspot.frUn blog où se rejoignent surréalisme, dadaïsme, fétichisme, érotisme et autres isthmes, pour constituer un fond impressionnant d’images plus rares et plus bizarres les unes que les autres. Une référence en la matière !

http://jefaisdudessin.over-blog.com/ Non moins étrange, au croisement de la noirceur, du naïf et du licencieux, JeFaisDuDessin, présente aussi quelques courts métrages grinçants et expérimentaux. Aussi curieux que talentueux ! 

http://lacavernedesidees.hautetfort.com/ Très actif et très pro, purement littéraire, la Caverne des des Idées est un blog dont je ne serais pas surpris qu’il devienne très vite une référence. Chapeau !

http://culturez-vous.over-blog.com/ Très pro également, et plus actif encore, avec des articles complets au style indéniable et aux avis tranchants comme des couperets. De quoi faire fuir lecteurs sensibles et blogueurs en manque de temps. Un blog énergique et mordant !


Voilà pour le palmarès de cette année.

En attendant le suivant et pour compléter cette sélection consacrée aux libraire, je ne résiste pas à l'envie d'ajouter deux liens, deux coups de cœur en marge des blogs.

L’un sur Myspace et l’autre sur Facebook :  


http://www.myspace.com/franzno Libraire, peintre, illustrateur, musicien passionné, « Franz No a joué dans ce qu'il y a de plus underground sur Bordeaux, Bergerac, Marseille, Paris ... Depuis juillet 2010, il est bassiste au sein de CYPRINIA, et depuis septembre dernier il joue aussi avec THE JACKLYN'S.»  Tout simplement excellent !

http://www.facebook.com/media/set/?set=a.1232632450087.2036508.1057418030 Here’s your letter : un album fb qui met en scène des livres avec photos et citations. Une façon originale et inspirée de découvrir et de partager ses lectures. A découvrir absolument !

J’espère que cette visite vous a plu. Je continue quant à moi de suivre régulièrement ou de visiter occasionnellement les blogs que j’ai eu le plaisir de vous présenter l’an passé. Près d’une centaine de liens dont vous pouvez retrouver la liste complète ici - parmi lesquels http://www.legaliondesetoiles.com/ auquel je contribue depuis pas loin d'une année et qui vient d'ajouter mon blog parmi ses Tops partenaires  - et que je vous convie à découvrir également en vous souhaitant, une fois n'est pas coutume, un Happy Blog Day à tous !